TRAJET DOMICILE-TRAVAIL : VERS UNE PRIME MOBILITÉ POUR TOUS ?

Une prime d’un montant de 400 euros maximum par an et par salarié pourrait être accordée pour les trajets domicile-travail effectués à vélo ou en covoiturage. Un coup de pouce financier qui pourrait être rendu obligatoire pour les employeurs.

Une prime de 400 euros pour financer les trajets domicile-travail des salariés. L’annonce devait être faite par Édouard Philippe ce lundi 6 mai, à l’occasion d’une concertation sur l’emploi et la transition écologique. Pourtant, alors que le sujet était attendu par les syndicats à l’occasion de discussions à Matignon censées lancer la “mobilisation générale” pour l’emploi et l’écologie ce lundi, le Premier ministre aurait annoncé que la prime “était encore à l’arbitrage ” selon les déclarations au Figaro de Michel Beaugas, représentant du syndicat Force Ouvrière.

En effet, pour l’instant le projet du gouvernement est simplement d’inciter les employeurs à mettre en place cette prime de mobilité pour les trajets domicile-travail effectués à vélo ou en covoiturage. Une prime qui atteindrait un montant maximal de 400 euros par an et par salarié et qui serait défiscalisée, c’est-à-dire exonérée de charges sociales et fiscales pour les entreprises. Matignon a annoncé ce lundi qu’elle pourrait être différenciée selon les régions. Un coup de pouce financier qui serait facultatif pour l’employeur et soumis à la signature d’un accord collectif ou à une décision unilatérale de l’employeur.

La mesure est prévue par le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), texte arrivant le 14 mai prochain en commission Développement durable à l’Assemblée nationale avant d’être examiné dans l’Hémicycle à partir de début juin, pour une éventuelle adoption définitive de la loi en juillet. Le gouvernement pourrait même ne pas exclure de la rendre obligatoire pour les employeurs selon Les Échos et le JDD, en réponse aux revendications des “gilets jaunes”. En effet, dans de nombreuses zones rurales, les salariés n’ont pas d’autre moyen de transport que leur véhicule pour aller travailler et ne bénéficient pas toujours d’aides, contrairement à ceux qui empruntent les transports en commun. Une manière également de compenser la hausse des prix des carburants puisque le diesel est proche de son record historique de 2018 et que le sans-plomb n’a jamais été aussi élevé depuis 2013.

Les syndicats veulent une prime obligatoire pour les employeurs

Ce caractère obligatoire de la prime est d’ailleurs sollicité par des syndicats comme la CFDT, qui souhaite la rendre inévitable en cas d’absence d’accord dans l’entreprise sur les déplacements domicile-travail selon les mots de Laurent Berger au Dauphiné Libéré, secrétaire général du syndicat. Force ouvrière souhaite même voir cette aide généralisée à l’ensemble des salariés. Du côté des employeurs, la confédération des PME s’est insurgée dans le JDD contre “une charge de plus et qui va taper d’abord sur les plus fragiles, à savoir les entreprises implantées en dehors des grands centres urbains”. “Et bien voyons! Facile avec l’argent des autres”, avait ironisé son président François Asselin sur Twitter le 2 mai dernier.

source : www.capital.fr